Pourquoi diffuser des savoirs à large échelle ?

Certains savoirs ne peuvent être acquis localement par présentiel. Et localement peu de personnes peuvent avoir besoin de ces savoirs. La formation tout à distance permet de s’affranchir de ces deux contraintes fortes et de permettre à une école ou une université de se positionner sur l’offre globale.

Des écoles et des universités peuvent aussi diffuser des savoirs afin de faire connaître leur expertise dans tel ou tel domaine. La formation rejoint alors les préoccupation marketing de ces établissements.

Enfin des savoirs transmis à un maximum d’apprenants peuvent permettre également pour ces même écoles/université de proposer des certifications, passerelles vers des cursus diplômants à distance ou en présentiel. La plateforme Coursera propose plusieurs dispositif de ce type.

Comment mettre à disposition des savoirs à distance ?

Différents dispositifs peuvent permettre d’atteindre cet objectif. Les MOOC basés sur des plateformes sur lesquelles les apprenants peuvent se connecter gratuitement sont une possiblité.

Certaines plateformes comme FUN ou Coursera ne répondent pas simplement à des connaître techniques. Elles sont connues pour présenter des contenus de qualité et permettent pour les écoles/universités d’aller à la rencontre d’apprenants potentiels futurs élèves.

Des CMS qui rassemblent des vidéos (diffusées depuis YouTube ou Viméo) permettent également de mettre à disposition des ressources. Il est tout à fait possible dès lors que l’on possède des compétences techniques que mettre en place une plateforme sur un serveur dédié.

Un logiciel open-source comme Moodle bien que principalement employé pour la gestion de SPOC et autres cursus à distance, peut aussi être paramétré pour offrir librement des contenus.

On peut aussi se positionner sur l’utilisation principale ou exclusive d’une plateforme comme Youtube ou Viméo. Ces « banques de vidéos » comptent une très large audience. En octobre 2018, Youtube était le second site le plus consulté avant Facebook et après Google !

Les personnes consultent les ressources après avoir envoyé une requête. Des formats vidéos courts toujours construits autour d’un unique grain pédagogique peuvent être mises à disposition.

Les réseaux sociaux peuvent également être employé pour diffuser massivement des savoirs. Facebook compte 2 milliards d’utilisateurs et il y a de grande chance pour que de futurs apprenants dispose d’un compte et qu’il ne consulte régulièrement.

Des fonctions publicitaires de Facebook (Facebook ads) permettent de réaliser un ciblage sur la base d’avatars et de proposer aux personnes potentiellement concernée un lien vers la ressource que l’on souhaite mettre en avant.

Diffuser des connaissances c’est bien, mais avec précautions c’est mieux !

Les formations ouvertes à tous sont élitistes !

Une démocratisation des savoirs peut en fait cacher un élitisme déguisé. S’il est possible pour tout le monde d’accéder à ces savoirs, il est beaucoup moins évident. Il faut que tous les apprenants disposent des pré-requis pour comprendre les enseignements dispensées (niveau scolaire, langue parlée, écrite et lue). Que les personnes soient soutenues durant leur apprentissage afin de lutter contre le décrochage.

Je ne connais pas la clé du succès mais celle de l’échec est d’essayer de plaire à tout le monde.

Bill Cosby (acteur, cinéaste et scénariste)

Une formation sans frontière ne veut pas dire universelle

Il faut aussi que les savoirs soient applicables dans des contextes locaux (économiquement et socialement) parfois très différents de ceux des concepteurs du dispositif. Les savoirs transmis sont-ils universellement admissibles et transposables ? Il peut être nécessaire de réaliser un essai en déployant et en testant le dispositif. Une évaluation de la satisfaction et de l’acquisition des connaissances sur un échantillons d’utilisateurs dispersés de part le monde peut donner des pistes d’amélioration.

Soutenir l’effort de chacun en développant la dimension sociale

Il faudra également que les personnes soient soutenues durant leur apprentissage afin de lutter contre le décrochage. L’apprenant à distance qui s’expose à des difficultés d’utilisation du dispositif (accès aux vidéos sur internet) ou bien qui rencontre des difficulté de compréhension peut se décourager rapidement et abandonner son apprentissage.

L’un des leviers les plus efficace est la dimension sociale de l’apprentissage. Des outils comme les forums et les chats peuvent être mis à disposition. Mais la conception même du dispositif doit amener l’apprenant à passer à l’action en interagissant avec ses pairs. L’évaluation par les pairs est également une façon de trouver sa place dans la formation. L’apprenant devient acteur de sa formation mais aussi du parcours des autres apprenants.

Il faudra toutefois s’assurer que les interactions soient et restent positives. Il sera toujours nécessaire de mettre en scène un tuteur ou si possible un enseignant pour diriger ponctuellement des débats sur les forums par exemple.

Accepter que votre dispositif soit détourné !

Il faut aussi prendre en compte que des dispositifs ouverts sont largement utilisés par des personnes qui ne s’y intéresse pas comme parcours de formation. Ces utilisateurs « d’une seule fois » sont à recherche d’informations.

Si le contenu de votre formation n’est pas exploité dans son entièreté il n’y a pas lieu de vous inquiéter. Il faut même s’efforcer de proposer des fragmentées et facilement exploitables.

Pour aller plus loin…

L’anatomie des MOOC présente la nature et les variantes des Massive Open Online Course.